Voici ce dont je me souviens le plus de mon enfance sous une dictature en Haïti : la peur.
On ne pourra jamais parler contre le président à vie, François Duvalier. Mes camarades de classe, les enfants des responsables du régime, ont été déposés à l’école par des hommes costauds armés. Une nuit, des hommes sont venus chercher le père de notre voisin et personne ne l’a jamais revu. Parfois, nous passions devant le Palais National et détournions les yeux, trop effrayés pour regarder le parc.
Il est angoissant de voir une nouvelle génération d’Haïtiens vivre dans la terreur. Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, le réseau de gangs du pays, certains parrainés par des responsables gouvernementaux...
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